"Soudain le grand incendie..."

La peinture, cela pourrait être à l’origine un œuf,
rond comme l’innocence d’une tête qui s’avance sur le monde.

Elle s’étonnerait d’abord de se découvrir un corps.
Et de crainte de l’abîmer, la main prendrait le pinceau
pour donner chair à son regard. Elle esquisserait ainsi
le dessin des contours
comme un sentiment de la surface qui s’expose.

Puis saisissant la profondeur de son objet, elle ouvrirait la matière
sur la fragilité de sa nature
où l’âme s’effeuille en végétation de fleurs et d’ossements,
sur l’éphémère de sa condition
où l’ombre de la mort colore l’épiderme de souffrance,
sur la musique de ses sens
où les émotions composent des gestes aériens.

Soudain le grand incendie.
Et les tissus révèlent leurs atomes de couleurs.
Et les formes se déploient sur des ondulations
comme une exploration de leur géométrie.
Et l’espace s’éveille
comme un tableau vivant du regard de l’artiste.
Varouna Maza, 12/2002
MARIE G
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